
Il y a des petites choses qui me donnent envie de m’accrocher, de ne plus déserter, d’habiter le temps des autres. Janvier est un mois soluble dans la neige froide et molle qui tombe sans prévenir, je le sentais triste et nerveux, c’était morne et palot, je ne savais pas quoi faire de ma peau. J’ai la faculté de me contrarier seule et à la vitesse d’une comète, lorsque je n’ai rien de prévu, ou que l’on contrecarre mes projets par une absence ou par un flot de neige qui m’enclave chez moi, sans bus, ni route praticable comme hier, j’avais l’impression de vivre en rase campagne, très très loin de tout. A la place j’ai lu une bd, ou un manga, ou un roman graphique, on se pose des questions de définition, mais au final comme dirait Wilde ou l’ami Gide, en matière de discrimination on ne peut parler que de bonne ou de mauvaise littérature, et c’est tout. Au temps de Botchan, de Taniguchi & Sekikawa, c’est l’histoire d’un écrivain, Soseki, l’auteur de Botchan, et des intellectuels du Japon de l’ère Meiji, à l’orée du XXe. Ça parle de la difficulté de vivre et d’écrire, d’entrer dans la modernité, de sortir de la fascination de l’Occident. Ce premier tome met des images et des visages sur un pays à une époque précise et qui m’est inconnue, c’est ce que je voulais au départ, le Japon, à part la 2nd guerre et le Clan des Otori, on a peu d’occasion de le fréquenter il me semble. J’ai le 2nd tome sous la main, je suis prévoyante dans ce cas précis. Sinon à part ça j’ai réussi à trouver de la volonté et un petit boulot, même deux si l’on conte les 3000 Bonjour/Merci/Bonne journée distribués avec les journaux, tôt dans le noir, juste pour voir, et finalement je rempilerais bien, les gens sont bien plus agréables à 7h qu’à neuf heures. Se raccrocher à ces petits objectifs qui permettent de construire des châteaux en Espagne ou de partir à Amsterdam. Je crois à la chance, mais je suis contrainte d’avouer que les choses se font, seulement si on y met du sien, et le mien de sien, je l’avais laissé sécher au soleil depuis l’automne, maintenant … j’ai même envie de faire de la grammaire.
2 commentaires:
En fait d'épilogue, on dirait presque un incipit... imagine, une envie de faire de la grammaire, c'est un nouveau monde qui commence ;P Sinon, tu peux habiter mon temps comme tu veux - surtout avec des muffins au chocolat. Coïncidence marrante aussi, Mimi nous a parlé de "Au temps de Botchan"...
I love Mimi ^^
Mince je reste khâgneuse à distance quoi ^^
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