02/02/2009

after a blank

Il neige à nouveau, je suis bloquée dans ma verte banlieue qui apparemment a du exploser ses réserves de sel et de sables le mois dernier, du coup les gens vont au boulot à pied et moi je reste là à travailler mon entretien d’embauche, mon addiction au streaming et l’empilage des œuvres à lire pour le prochain semestre. J’entame ma seconde semaine de chômage technique, on appelle ça des vacances, mais quand les autres travaillent, ça perd de son charme. Je ne suis pas particulièrement une femme d’intérieure, donc je veille à m’occuper, sinon j’implose de regrets et de frustration. Je vois le vide partout, sur mon bureau bien rangé, sur mon lit déjà fait, dans ma boîte email non mis à jour. Donc j’ai eu le temps d’aller deux fois au ciné, à l’opéra, au cimetière de Montparnasse, à la Fnac à volonté, de chercher un boulot, de chercher comment partir à Stockholm, Prague ou Amsterdam, les Hollandais l’emportent, J-22.

Comme il neige, je recommande fortement Slumdog Millionnaire, qui a une BO techno-indienne de ouf, à l’image du montage ultra-nerveux du film. C’est une grande fresque pittoresque et romanesque, drôle et tragique. Le héros est un orphelin des bidonvilles de Mumbai sur le point de gagner des millions à un jeu télévisé, soupçonné de tricherie, qui doit justifier ses réponses lors d’un interrogatoire, dispositif ingénieux qui permet de raconter l’histoire de sa vie par flash-back successifs (autant dire qu’il ya de la péripétie mes amis). En plus il fait ça pour retrouver l’amour de sa vie, ça achève la quadrature du cercle cosmique, n’est-ce pas ^^ ça ne fait pas de mal de rappeler qu’on peut avoir de la culture sans les livres, mine de rien. C’est l’histoire de la volonté d’un jeune homme de s’en sortir en fait. On s’en fiche presque que ce soit en Inde, même si cela ajoute au charme du film. J’y vois bien un petit côté Dickens, malgré la fin. Les acteurs sont tous très bons.

Mais pour voir des performances d’acteurs, il faut voir Les Noces Rebelles, même si le titre est nul (Revolutionary Road, c’est frappant et difficile à traduire certes mais j’en ai marre des massacres de titres, ils ont la flemme d’embaucher des traducteurs ou ils ne les écoutent pas ? je me souviens, de BrockBack Moutain qui est devenu le secret de Brockback Moutain, c’était ridicule enfin bref je m’égare).

J’écris tout cela presque dix jours après le visionnage du film, et je n’arrive pas à coller une étiquette, ce n’est pas une histoire d’amour, mais peut être comme dirait Mme J. le récit d’une illusion, celle qu’on projette sur nos vies, nos destins, nos amours et dont on refuse de se débarrasser. Il ya une très belle galerie de personnages, c’est une réalisation fort dramatique, en huis-clos. On a un peu peur de ne les entendre que crier, mais finalement ce ne sont pas les voix, les paroles qui nous portent (celles du fou, sont néanmoins révélatoires et libératrices, à l’image d’une certaine tradition littéraire - normal puisque le film est une adaptation d’un roman) mais les visages de Kate Winslet et de Léo. En grande futile, la première chose que j’ai noté, c’est l’absence de botox sur son visage à elle, c’est reposant de voir des vraies rides et de vraies expressions. On lit sur son visage à livre ouvert la douleur de la médiocrité et l’obsession de la singularité, qu’elle ne cherche qu’à travers lui, son époux, même lorsqu’elle lui propose de partir vivre à Paris et de travailler à sa place pour qu’il se réalise, elle ne le fait pas pour elle, pour s’émanciper, mais pour vivre à travers lui ce rêve d’une vie intense à l’inverse de la vie plan-plan qui s’installe malgré eux. Enfin malgré elle et par sa faute à lui. Faute ou volonté, j’hésite. C’est ce qui me plait dans ce film. Ça vous retourne complètement, parce qu’il y a toute cette tension, cette violence, mais par-dessus tout cette absence de conclusion, même si la progression du récit de l’érosion de ce couple reste linéaire, ou fatidique, il y a ce vide en nous qu’il faut combler en sortant du cinéma.



1 commentaire:

Anonyme a dit…

Purée, c'est fou ce que tu es douée pour me donner envie d'aller au cinéma! Je n'aurai pas le temps de tout voir la semaine prochaine, mais je vais essayer quand même (je peux toujours traîner ma grand-mère voir "Les Noces rebelles").
Quant à ces "vacances", ou ce que l'on appelle "pause inter-semestrielle", je reconnais que ce n'est pas très agréable, mais au moins cette année je n'étais pas seule ;-) Et puis, un peu à mon insu, ces deux semaines se sont remplies. Donc je ne me plains pas. Mais je comprends ce que tu veux dire.
Courage, bientôt on attaque le semestre 2! Et les vacances de février :p