12/03/2009

Coconut Morning


Ce matin, j’ai mis du lait de coco dans mes céréales et ça a changé ma vie. Il était juste cinq heures et demie, je me suis demandé si on pouvait faire du chocolat chaud avec du lait de noix de coco. Je me suis dit que je verrais ça plus tard, la mission allait bientôt commencer. Il fallait porter un gilet et savoir compter jusqu’à 70, ne pas s’endormir debout. J’ai de la chance de ne pas le faire pour vivre, je le fais pour arrondir les fins de mois, boulot ingrat dépenses sympas, c’est à la fois juste et honteux. Je m’embête un peu alors j’ai massicoté toutes les pages de magazines que je conserve dans ma chambre. Pour retrouver le Philo truc que je dois prêter à A. je me suis pliée en quatre au bas de mon lit et j’ai ouvert quatre boîtes. Il va falloir peut être arrêté de découper et de conserver des articles, des séries photos, des couvertures. Lorsque je vais partir de chez moi, mon père va hurler de devoir charger une camionnette avec des cartons de magazines, mais je tiendrais bon. Maintenant ça fait bien dix sept minutes et trente secondes que je regarde la branche d’orchidée dans son vase violet, et je me demande bien pourquoi ils ont choisi cette fleur impossible à conserver. Au lieu de faire des fiches, mais je me suis tellement noyée dans le bristol ces dernières années que je préfère prendre de la distance avec tout ça et cueillir les dix sept prochaines minutes avec la sérénité de ceux qui ont une longue après midi devant eux. Pourtant je déteste les carpedièmistes, surtout ceux qui se contentent de celui de Mr Keaton sans aller voir au moins sur Wikipédia celui d’Horace, parce que je ne comprends pas pourquoi le poète disparu décide de disparaître alors qu’il aurait pu attendre quelques mois et s’envoler. Un lointain cousin du héros deInto the Wild, les collines et les grottes contre les montagnes et les immensités, Yeats et Shakespeare contre Kerouac et les existentialistes. Parfois je me résigne, mais je suis finalement du genre à attendre que le bon moment soit venu. D’une patience rétro-introspective en somme. J’aime trop les rendez-vous ratés et les belles coïncidences pour brusquer les aiguilles. Tout à l’heure de l’intérieur du bus, j’ai pu déchiffrer sur le mur du local de la gendarmerie mobile, Parfois brutal, toujours loyal, je ne sais toujours pas quoi en penser.

C’est pour ça que j’aime travailler le matin, tôt. La matinée est longue et brumeuse ensuite.

08/03/2009

Happiness is a cup of tea and a new magazine.

Amsterdam ou Londres ? Fastoche ^^





J’ai vu cette tasse dans une boutique à Amsterdam, dans un quartier qui me rappelait Nothing Hill. Le genre de détail et d’objet qui illumine ma journée, comme les photos de Simply Breakfast qu’un temps je me suis amusée à vraiment ouvrir au moment du petit déjeuner. J’aimerais bien avoir la foi le matin de mettre en scène mon petit déjeuner, de faire des muffins la veille et de piquer une rose dans mon petit vase violet, ou de le prendre dans mon bain,. Des petits riens qui pullulent sur le net, la poésie du quotidien photographiée sous toutes ses coutures sur des tas de blogs, on y passerait des heures pour oublier le désordre existentiel qui empêche de poser son pécé sur un bureau qui la longueur d’une semaine sans cours. Les piles de livres et de fiches à peine entamées sur des sujets lointains, qui contribuent à brouiller les ondes, la vocation, le statut de l’écrivain et de l’homme de lettres, ça oblige à revenir sur juin-Damoclès, ce n’est pas tant d’arrêter de se poser des questions mais de poser les bonnes questions. Ces choses-là remuent, même en remplissant les chouquettes de Lemon Curd, même en vidant les verres de liqueur de litchi-kiwi, et il faut attendre, attendre, attendre.

06/03/2009

Post inutile


You Are...Elizabeth Bennet!

Elizabeth Bennet!

You are Elizabeth Bennet of Pride & Prejudice! You are intelligent, witty, and tremendously attractive. You have a good head on your shoulders, and oftentimes find yourself the lone beacon of reason in a sea of ridiculousness. You take great pleasure in many things. You are proficient in nearly all of them, though you will never own it. Lest you seem too perfect, you have a tendency toward prejudgement that serves you very ill indeed.

Ok, j’ai fait environ quinze tests, pour savoir à quelle héroïne de Jane Austen je ressemble le plus. La première fois je suis tombée sur Marianne Dashwood, une erreur tragique (c’est Miss Sensibility de Sense & Sensibility, pleines d’élans spontanés, d’espoir romantiques) attribuée à mon empressement et mes faiblesse lexicales en anglais. Viennent ensuite les tests à pourcentage, 85% Elinor Dashwood ( Miss Sense ^^), 80% Fanny Price et 83 % Lizzy Bennet ma préférée, sur laquelle j’ai fini par tomber parce que les questions étaient d’une non-subtilité dingue lorsqu’on a lu 9 fois Pride & Prejudice et vu 23 fois le feuilleton de la BBC.

Juste pour dire que le feuilleton BBC adapté de Raison & Sentiments passe ce soir sur Arte. Peut-il détrôner la version adaptée et jouée par Emma Thompson la divine la radieuse, par Kate Winslet, Hugh Grant et Alan Rickman, réalisée par Ang Lee ? Si elle y arrive … OH MY GOD it would be cosmic ^^ !


Lu ce matin.

Magnifique, cosmique, splendide, d'une lucidité éblouissante, une construction éclatante, une sobriété lumineuse ... Epoustouflée !

Pour une critique autre qu'une suite d'adjectifs, une critique que j'aurais voulu écrire.

03/03/2009

De la contrariété, de la mauvaise foi et de la réconcilliation.

J'étais prête à vous pondre un post hargneux. j'ai passé ma journée les muscles contractés par la contrariété, j'ai beau avoir passé l'après-midi en charmante compagnie, un tour à la librairie, un goûter toast-fromage-confit de mirabelles de Lorraine au vinaigre & au cumin, brownies détournés, thé à la figue, tous mes muscles restaient resserrés autour d'une seule idée : les profs nous prennent pour des *bips*. Une quatrième semaine s'annonçait sans communication entre les profs grévistes-grévistes ou grévistes actifs & les étudiants mobilisés et/ou déboussolés. Se pointer à un cours qui doit avoir lieu et que ne se fait pas, les allers-retours pour rien ou si peu, un cours qui ne doit pas avoir lieu et qui se tient, des cours-topo sur la grève, LA grève depuis 68. L'absence de réelle démocratie dans les AG et le lent, très lent updating des sites internet de la fac, l'impossibilité de savoir en temps réel, stagnation à l'ère du post-it collé sur le mur, l'AG comme seul moyen fixe de savoir et de ne pas pouvoir, la coordination opaque des activités, mais la volonté une et affirmée de continuer, votée. Un réseau de contrariétés qui vous font passer pour une opposante aux yeux des radicaux, alors que vous êtes avec eux ... sauf sur la communication. Et tout d'un coup des mails, de l'information afflue, MOODLE qui prend forme, des conseils, des exos à distance. Soulagement, car cette tension commençait à poser des distances, à raidir la motivation, la colère de cet après-midi me parait à la fois stupide et justifiée, ma mauvaise foi bougonne et mon désir de lutter rayonne, ce que je voulais se tisse peu à peu, nécessité de le reconnaître ici et ailleurs.






L'illustration provient d'un article Télérama sur la condamnation et l'agonie des fillières littéraires, d'il y a 1 ou 2 ans... c'est dire !