
Ce matin, j’ai mis du lait de coco dans mes céréales et ça a changé ma vie. Il était juste cinq heures et demie, je me suis demandé si on pouvait faire du chocolat chaud avec du lait de noix de coco. Je me suis dit que je verrais ça plus tard, la mission allait bientôt commencer. Il fallait porter un gilet et savoir compter jusqu’à 70, ne pas s’endormir debout. J’ai de la chance de ne pas le faire pour vivre, je le fais pour arrondir les fins de mois, boulot ingrat dépenses sympas, c’est à la fois juste et honteux. Je m’embête un peu alors j’ai massicoté toutes les pages de magazines que je conserve dans ma chambre. Pour retrouver le Philo truc que je dois prêter à A. je me suis pliée en quatre au bas de mon lit et j’ai ouvert quatre boîtes. Il va falloir peut être arrêté de découper et de conserver des articles, des séries photos, des couvertures. Lorsque je vais partir de chez moi, mon père va hurler de devoir charger une camionnette avec des cartons de magazines, mais je tiendrais bon. Maintenant ça fait bien dix sept minutes et trente secondes que je regarde la branche d’orchidée dans son vase violet, et je me demande bien pourquoi ils ont choisi cette fleur impossible à conserver. Au lieu de faire des fiches, mais je me suis tellement noyée dans le bristol ces dernières années que je préfère prendre de la distance avec tout ça et cueillir les dix sept prochaines minutes avec la sérénité de ceux qui ont une longue après midi devant eux. Pourtant je déteste les carpedièmistes, surtout ceux qui se contentent de celui de Mr Keaton sans aller voir au moins sur Wikipédia celui d’Horace, parce que je ne comprends pas pourquoi le poète disparu décide de disparaître alors qu’il aurait pu attendre quelques mois et s’envoler. Un lointain cousin du héros deInto the Wild, les collines et les grottes contre les montagnes et les immensités, Yeats et Shakespeare contre Kerouac et les existentialistes. Parfois je me résigne, mais je suis finalement du genre à attendre que le bon moment soit venu. D’une patience rétro-introspective en somme. J’aime trop les rendez-vous ratés et les belles coïncidences pour brusquer les aiguilles. Tout à l’heure de l’intérieur du bus, j’ai pu déchiffrer sur le mur du local de la gendarmerie mobile, Parfois brutal, toujours loyal, je ne sais toujours pas quoi en penser.
C’est pour ça que j’aime travailler le matin, tôt. La matinée est longue et brumeuse ensuite.
4 commentaires:
J'essaierai dès que je pourrai la vie noix de coco ^^
Et l'image de l'orchidée dans un vase violet est belle...
Tu crois qu'on peut ajouter de la banane mixée pour un chocolat chaud vraiment écœurant ?
Pas envie non plus de brusquer l'heure, sauf peut-être pour arriver à celle du goûter, et les aiguilles ne parviennent pas vraiment à me brusquer non plus - tout juste une piqûre de rappel désagréable par moment. Je suis une autruche fataliste, heureuse de retrouver comment apprécier les instants en dépit de et pour le moment où ne sera plus la mauvaise conscience déjà ligotée et bâillonnée. C. (nom féminin ne se terminant pas par un "e") m'a fait remarquer qu'elle te trouvait plus épanouie, et si sur le coup cet adjectif m'a fait un peu rire (ça fait un peu article sur le développement personnel dans la rubrique psy d'un magazine féminin), j'ai bien dû remarquer l'autre soir chez C. (avec un "e" final cette fois) une forme de sérénité enjouée. C'était peut-être l'addition champagne + boulot ingrat aux aurores... Pour le reste, on s'en fiche (sans bristol ni surligneur).
Oh! Je viens de tomber sur ton blog, j'aime beaucoup - et je me retrouve dans tes liens?! Wouah!
Et alors, le chocolat chaud lait de coco, ça marche?
le lait de coco chaud avec du cacao amer se marrie moins bien que prévu, par contre en milk shake ça pourrait être envisageable !
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