01/03/2009

David la Chapelle

Click on it ^^





Le mois de la photo, c’était en novembre, mais il semble que ce printemps nous invite à continuer.

Je suis allée voir avant de partir à Amsterdam la rétrospective de David La Chapelle. Après voir attendu quelques instants en dans la cour de l’hôtel de la Monnaie à deux pas de St-Michel, nous entrons C. et moi dans cet édifice classique, en total décalage avec l’œuvre de DLC, mais il semble que ce genre de mise en scène – plaisante par ailleurs- devienne habituelle (Jeff Koons à Versailles par exemple.). Je ne connaissais que le travail sur papier glacé de ce photographe, qui a fait poser les stars les plus glamours de la décennie dans des scènes kitsch aux confins de la pornographie pour de nombreux magazines chics. Je ne dirais pas pornographie pour ma part, même si scènes suggestives et corps dénudés surexposés il y a, car son regard est empreint d’ironie, d’humour, de satire. Je m’étais donc arrêtée à la période « sexe, drogue & rock'n'roll », les rappeuses tatouées du sigle Vuitton, Angelina toute en bouche etc. … Il me semble que ça peut rappeler Pierre et Gilles pour les couleurs et l’esthétique rococo-mauvais goût. Mais en fait cette partie de son travail était carrément sous-représentée au profit de ses dernières œuvres. La boutique de l’expo elle-même contenait plus de photos que l’expo, mais il parait que ce musée a accepté de faire l’expo pour renflouer les caisses, donc on pouvait y retrouver son compte.

L’expo valait surtout le coup pour ses installations grandeur nature façon pop-up des scènes bibliques ou mythologiques : c’est géant car saisissant, bourrés de détails comme dans une nature morte hollandaise (^^) et finalement hyper percutant. La piéta mettant en scène Courtney Love et un sosie de Kurt Cobain, la scène de déluge façon radeau de la méduse, et la scène des GI en plein Djihad sont fascinantes : à la fois classique-éternel dans la beauté des compositions, subtiles car sous le kitsch le sens, et terriblement contemporaines, déchiffrables par tous. Reflet et commentaire du culte des people, réflexion sur le déplacement de la sacralité & glissement des idoles, sur la vanité de nos symboles, sur notre temps, sans pudeur ni misérabilisme.


Ma préférée dans un autre genre :


Ne soyez pas déçues, l’expo est très courte, comme ma note, mais je ne suis pas en mode tartine indeed, il y a une série sur Jesus, sur les naufragées de la Nouvelle Orléans, des noyades .... it worths it :)

Jesus is my home boy.

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