08/12/2008

SOMETHING ABOUT THIS STRANGE NIGHT FEVER WICH TAKES ME BEFORE TO SLEEP

Avant, lorsque naguère j’avais encore le droit de m’abriter derrière le titre de Khâgneuse, plusieurs nuits par semaine, je devenais une vraie furie, sans fumée qui sort du nez, mais avec des nerfs en pelote qu’il fallait é-t-i-r-e-r pour pouvoir gagner la contrée de Morphée. J’avais oublié cet état de tension qui vous prend et vous enserre après une longue soirée effervescente. Effervescente, oui. Ce petit pschitt de l’aspirine qui fond dans un grand verre d’eau, au centuple, c’était ce qui me fouettait le sang et m’empêchait de fermer les paupières. En général cela se produit après une longue rédaction, quelque chose qui demande une concentration du corps, du poignet, de la nuque, et de l’esprit qui se plie en quatre pour trouver quelques mots à aligner, ce n’est pas forcément scolaire, mais la khâgne et ses délices, comprenez-bien que c’est un facteur favorable pour cette fièvre. J’aime bien nommer ces petites sensations qui me parcourent, mais ce concept m’échappe, je ne peux le nommer. Vous baissez l’écran du pécé, posez à terre une pile de papiers-brouillons-copies-carnets, vous pivotez vers ce sommier qui vous fait de l’œil depuis la rédaction de votre introduction -dans le pire des cas-.Et là c’est le drame : impossible de rester en place. Vous vous relevez pour fermer le robinet, donner un inutile tour de clé dans la serrure, vous filez à nouveau sous les draps pour vous réchauffer la plante des pieds, et cette immense agitation a réussi à s’infiltrer là-haut, dans votre esprit. C’est à la fois le pire moment et le moment le plus agréable. Un film accéléré se joue dans votre cerveau, vos méninges se chamaillent, chao ab ordo, rien se perd, rien ne se crée mais tout se transforme ,l’idée de conclusion-qui-tue-tout, l’envie-de-relire-l’œil-et-l’esprit, et-si-je-partais-en-Suède, ah-oui-tiens-j’aimerais-travailler-chez-P*card-surgelés-leur-doudoune-uniforme-est-cool, il-faut-que-je –demande-son-avis-à-G-sur-l’épisode-12-de-GG,non-non-non-tu-dois-dormir-le-réveil-sonne-dans-cinq-heure, si-je-mangeais-des-granolas-dans-quatre-heures-quinze-en-fait-la-sonnerie-ah-c’était-bien-cette-soirée-framboises- ma-sœur-ronfle-tu-dois-dormir-ma-vieille-quand-même-ce-mec-c’est-un-salaud,affine-ta-théorie-sur-les-liens-indépassables-entre-les-gens-qui-se-sont aimés-le-crumble-était-mangeable-en-fait-Kant-avait-raison (…)

Une solution : danser sur Buddha’s delight avec son casque jusqu’à ce que paralysie des muscles s’en suivent. Néanmoins, on finit souvent par s’épuiser soi même, et cette valse lancinante d’idées si lumineuses qu’elles vous empêchent de goûter la nuit de vos draps se fait luciole vacillante, jusqu’à ce que l’image de Kant mangeant des Granolas en doudoune P*card s’en aille d’elle-même.



6 commentaires:

khâryatide a dit…

Gosh ! C'est formidable (au sens étymologique pour toi, vulgaire pour moi) le cerveau en roue libre - et dans une pente, il va sans dire. Jusqu'au crash finale qui fait qu'on ne se souvient de rien au réveil (ou alors de tout sauf de la conclusion de la mort qui tue). Formidable, surtout, Kant qui n'est pas d'accord sur le jugement à porter sur le crumble (à la framboise au moins ?). Tous ces petits tirets comme des balles de mitraillettes, mais est-ce la ponctuation de l'édition originale ? because quand mon esprit embraye dans ce mode-là, il écrit, à la virgule près, qu'il énonce comme dans une dictée, vérifie les accents d'un mot et les accords - degré que je n'ai jamais atteint en relecture de dissert. En revanche, j'aurais besoin d'une séance de rattrapage sur les mystérieux G qui sont autant de points obscurs... (le collage final mériterait illustration^^)

khâryatide a dit…

Ah oui, et pécé c'est pour ne pas faire trop Parti Communiste ?

Anonyme a dit…

EXACTLY ! PC c'est moche ça ressemble aussi à WC, et moi je le trouve chou mon pécé, il mérite mieux que ça !!!!
Les tirets - DASH !!!!- je ne pourrais pas m'en passer, c'est plus fin que la parenthèse, moins juxtaposant que la virgule, et parfaitement ajusté au caractère dramatique du théâtre de mes visions ^^

Anonyme a dit…

Renversant, ahurissant et vertigineux. Ce genre d'état "fébrile" comme tu dis, ne m'arrive jamais après le travail, mais après les heures que je passe à inventer des idioties ou à scripter en php... En général, il me suffit d'ouvrir un livre un peu barbant ou complexe pour que l'état de fatigue reprenne le dessus... ou pas.
Mais Kant en doudoune, j'aime! Il est mieux qu'en vrai ^^

Bamboo a dit…

Vertigineux, comme a dit Inci! Et j'adore ton analyse des tirets (vu que ça doit être mon signe de ponctuation préféré ^^).

Et l'image de la fin.... je ne verrai plus jamais Kant de la même manière.

estelle guerouard a dit…

Je ne ronfle pas je dors en respirant fort .

Signée tu-sais-qui